les montres Ferrari
À cheval sur l’heure…
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Voiture et montre, c’est entendu, on vire au cliché assez vite. Alors quand cela intéresse Ferrari, la marque automobile la plus mondialement fantasmatique, le cliché monte sur ses grands chevaux !
Au pluriel les chevaux, car lorsque l’on regarde la palette des marques et modèles de montres ayant eu le privilège de porter le logotype au cheval bien connu, il y a de quoi créer un sacré haras horloger. Un conseil, ne commencez pas à la légère une collection sur ce thème, vous pourriez y laisser votre santé. L’avantage, toutefois, c’est qu’il y en a pour tout le monde. Loin de l’exclusivité plus ou moins artificielle et pertinente des bolides de Modène, les prix peuvent commencer à quelques dizaines d’Euros pour filer vers des sommets ou l’oxygène devient rare (autour de 1,8 millions…) en passant par tous les paliers possibles.
Depuis 2021 la marque possède un partenariat particulier avec Richard Mille qui a abouti à la présentation très remarquée de l’ultrafine RM UP-01. On peut-dire que le goût de la technologie extrême et la qualité du marketing de ces deux marques en fait un co-branding particulièrement pertinent. Il n’en a pas toujours été ainsi.
L'orologio del commendatore
Il faut préciser qu’Enzo lui-même était amateur de belles montres mais, en bon paysan, il les considérait comme des objets qui devaient durer une vie. Sa préférence allait à Rolex et, notamment, à la Rolex Chronograph 3055 en or d’avant-guerre qu’on lui voit au poignet jusque dans les années 60 au moins. Par ailleurs, considérant que c’était LE cadeau idéal et utile, il commença assez tôt, au début des années 50, à offrir des montres-bracelets à ses pilotes et collaborateurs sans omettre, au cas où on oublierait la provenance, de les faire graver avec l’emblème du “ Cavallino Rampante“. Au menu, des Breitling, Super Royal, Tavannes, Lemania, Omega, Rewel et Zenith, toutes personnalisées. Mais le premier accord commercial intervient avec la marque italienne Vetta dont Enzo Ferrari a commandé 400 exemplaires pour les offrir à ses employés et à ses amis.

La montre du boss, une élégante Rolex Chronograph 3055 en or.
On trouve sur le marché des modèles Vetta siglé Ferrari en or ou en acier à des prix allant de 4 000 à 20 000 € pour des modèles dédicacés à un pilotes spécifique… Pour des objets aussi symboliques, cela ne semble pas si délirant.


Une Vetta offerte par E. Ferrari en 1954 à un de ses pilotes, Umberto Maglioli, pour sa participation aux Mille Miglia sur une 375 plus où il abandonna par accident.


Vetta (Cal. Valjoux 23) offerte par E. Ferrari en 1956 à un de ses pilotes, Eugenio Castellotti, pour sa victoire aux Mille Miglia qu’il remporta sur une 290MM Scaglietti.
Plus étonnant, quand on connait la suite de l’histoire, on trouve des Girard Perregaux des années 60 pour moins de 1 000 € ce qui peut constituer un bon début de collection.
Heuer bien sûr
Les choses deviennent sérieuses au début des années 70 avec l’entrée en jeu de Jackie Heuer.
Au départ, l’idée de Jack et de son ingénieur en électronique François Prinz, était de fournir au constructeur un système de chronométrage moderne capable de traiter plusieurs véhicules en même temps. Imaginé pour les courses d’endurance, il fut d’abord baptisé logiquement "Le Mans Centigraph".

Ensemble de chronométrage Centigraph mis au point par Heuer pour Ferrari. C’est à cette époque que le logo Heuer vira au rouge…
Ferrari ne voulant, ou ne pouvant, rien débourser, le deal était de fournir le système plus un technicien sur les courses en échange de la présence du logo Heuer à l'avant de la voiture, sous le cockpit des F1 rouges. Bien sûr, en bon négociateur, Enzo obtint plus et Heuer dut payer la somme de 25 000 francs suisses par an directement à chacun de ses pilotes officiels de F1. En échange d'un logo sur leur combinaison, les pilotes recevraient une montre modèle Carrera 1158 CH en or 18 carats lors d'une visite à l'usine Heuer à des fins promotionnelles. On peut donc en déduire que les premiers servis furent Jacky Ickx, Clay Regazzoni, Mario Andretti et Arturo Merzario. À noter que Tag Heuer a réédité en 2023 ce modèle emblématique en or massif au prix de 21 750 € soit peu ou prou le prix pour une version originale de 1970…
La relation entre Heuer et Ferrari a évolué ensuite vers un partenariat technique à part entière. Lorsque la piste de Fiorano est devenue opérationnelle, Heuer a construit toutes les structures permanentes pour le chronométrage et la détection des vitesses maximales et des vitesses de passage en virage.
C’est à partir de 1975, que Heuer négocie le droit de produire et de commercialiser une montre avec la marque Ferrari. Ce sera le modèle Chronosplit, la première montre chronographe au 1/10 ème de seconde entièrement électronique. D’abord référencée 100.703 (100.705 en plaqué or), elle est équipée du calibre Heuer 100 capable de gérer un double affichage LCD et LED. Techniquement, elle possède donc deux écrans, chacun contrôlé par un circuit différent mais régulé par un oscillateur à quartz unique. L’écran LCD supérieur affiche l’heure et la date et l’écran LED inférieur est destiné à un chronomètre avec fonction split.


Chronosplit Heuer première version avec ses doubles écrans LCD et LED
À noter, l’usage étrange du double logotype équin dont un est inversé…
En 1977, pour donner suite au problème de consommation électrique de la partie LED, le modèle évolue (réf. 102.703 et 102.705 en plaqué or) avec un nouveau calibre Heuer 102 pilotant deux affichages LCD.
Les deux versions ont existé badgées Ferrari et ont été portées, entre autres par Nicky Lauda, mais elles avaient, dit-on, la préférence de Gilles Villeneuve. Elles étaient vendues exclusivement par les concessionnaires Ferrari du monde entier. Assez rares à trouver en bon état, elles ont beaucoup souffert - et Heuer avec - d’une fiabilité douteuse. La rançon du “First To Market“ cher à Jack Heuer !
Comptez 1 500 € pour un Chronosplit de la deuxième série et, bien sûr, beaucoup plus si c’est une authentique version Ferrari.


Chronosplit Heuer deuxième version avec ses doubles écrans LCD.
Les années noires et or
Malgré, ou à cause de ses investissements en pionnier dans l’électronique horlogère, la crise du Quartz n’épargna pas Heuer et, en 1979, ne pouvant plus parrainer Ferrari, il signa un accord avec Longines. Dans ce cas, la collaboration était plus commerciale que technique. Longines a repris les systèmes, la technologie et les hommes qui travaillaient avec Heuer pour continuer à fournir le service de chronométrage sur les circuits où se tenait le championnat du monde de F1. En parallèle, certaines montres à quartz et mécaniques Longines avec le logo et le nom Ferrari ont été lancées sur le marché. On entre alors dans une longue période d’errance marketing qui a produit (entre autres) de vilaines montres, même si, au troisième degré, elles peuvent paraître touchantes aujourd’hui.
En 1983, Ferrari persiste et signe un accord commercial avec Cartier et le groupe Richmont pour la commercialisation de montres et autres objets.

Cartier Ferrari à moteur Seiko… Cherchez l’erreur !
Marco Piccinini, qui à l'époque était le bras droit d'Enzo Ferrari dans la direction de l'équipe de F1, se souvient : "L'accord avec Cartier nous a été présenté et géré par Daniele di Montezemolo, le frère de Luca. À cette époque, Luca n'avait aucun rôle dans Ferrari mais son frère travaillait dans le secteur des marques de luxe. Lorsque nous avons signé l'accord, j'ai personnellement vérifié qu'il n'y avait pas d'interférence avec le contrat passé avec Longines. Mais finalement, celui-ci avait été réduit et n'était plus limité qu'au service de chronométrage sur les pistes. L'accord avec le groupe Richmont était très important pour Ferrari, car il traitait de la procédure juridique coûteuse et complexe d'enregistrement du nom et de la marque sur tous les marchés mondiaux pour les catégories de produits les plus variées.
C'était un travail complexe que nous, en tant que Ferrari, n'aurions jamais pu accomplir, y compris financièrement. Dans certains pays, nous avons découvert que le nom et la marque Ferrari avaient été enregistrés illégalement pour les produits les plus divers. Richmont a mis de l'ordre dans un secteur qui, à l'époque, était fortement déréglementé".
On retrouve là, la bonne vieille tradition du “Commendatore“ pour toujours savoir optimiser ses ressources !

Le groupe Richmond a eu le mérite de mettre au carré le merchandising Ferrari.
Reste que la production pléthorique de ces Ferrari by Cartier ne font honneur ni à l’un ni à l’autre de ses cosignataires. Les calibres sont le plus souvent des Seiko de base et la qualité dans l’esprit des années 80… absente !

Le meilleur des années 80….
Produits en masse, il y a bien sûr quelques exceptions comme le modèle présenté pour la sortie de la furieuse 288 GTO en 272 unités, Cartier a créé un chronographe spécial en or et en acier dans le même nombre d'exemplaires, initialement réservé à ceux qui achetaient la voiture. De même lors du lancement de la F40 en 1987, Cartier a produit un autre modèle de chronographe en or en seulement 140 pièces pour commémorer le 40e anniversaire de la fondation de Ferrari.
Mis à part ces exemples difficiles à dénicher, les Cartier Ferrari produites en nombre se trouvent très facilement. De 100 à 900€, si vous êtes amateur, n’hésitez pas, faites-vous plaisir, mais ne vous attendez pas à un gros retour sur investissement.


Autant la signature Cartier n’apparaît pas, autant celle de Ferrari apparaît plutôt trois fois qu’une ! Un peu comme s’il fallait insister pour y croire.
Le cas Omega
Dans la période où Michael Schumacher régnait en roi chez Ferrari, son partenariat avec Oméga était particulièrement voyant et bien exploité par la marque Suisse. Mais, paradoxalement, cela ne s’est jamais traduit par un accord avec son employeur lié alors avec Girard-Perregaux et, si l’on trouve une multitude de Speedmaster aux cadrans “rosso“, aucune n’a pu arborer le logo Ferrari officiel.


Omega Speedmaster F1 Racing Michael Schumacher 3510.61 pour le maitre de la vitesse d’alors. Il y a bien le rouge, le jaune et le noir mais…
Il existe toutefois des contre exemples, mais plus anciens. Effectivement, en chinant bien, on trouve, pour pas cher, des montres Omega Ferrari des années 50 à 70, ce sont les fameux cadeaux du Commendator. Il faudra, toutefois, être un peu patient dans sa recherche car manifestement cela ne concerne que peu d’exemplaires.

Omega Automatic Seamaster 1954 cal.265.


Omega Automatic Geneve 166.121
1972 cal.1481.
Bella meccanica
En 1994, après le retour de Luca di Montezemolo à Maranello en tant que président, finis les ersatz de montres de luxe, Ferrari signe un accord avec la marque Girard-Perregaux de Luigi Macaluso. Architecte, ancien pilote, président de la fédération automobile italienne et grand collectionneur de voitures de rallye, Macaluso était un véritable passionné de voitures et un entrepreneur remarqué dans l'industrie horlogère. Cette fois-ci, le partenariat semblait plus pertinent, la maison Girard-Perregaux qui venait de fêter son bi-centenaire, n’avait pas l’habitude de brader son savoir-faire.
De cette union qui perdurera jusqu’en 2005, divers modèles haut de gamme ont émergé.
Dès le début, en 1994 donc, sort un très beau chronographe à rattrapante en Platine (référence 9015) limité à 50 pièces que l’on trouve pour moins de 30 000 € aujourd’hui.


Chronographe à rattrapante Girard-Perregaux 9015 en platine. Pour celle du patron c’est 50 % plus cher… (vente Christie’s 2022).
En 1999, pour commémorer les 70 ans de Ferrari, la manufacture de la Chaux-de-Fonds produit, toujours en série limitée, un double chronographe à rattrapante et seconde foudroyante de facture très classique qui combine deux complications remarquables liées au chronométrage. Comptez autour de 17 000 € pour la référence 9020 en or limitée à 250 exemplaires ou pour la version en or blanc produite à 150 exemplaires et 10 000 € pour la version titane limitée à 100 exemplaires. Des belle montres, équipées de véritable mouvement d’horlogerie (le calibre maison 8020) à des prix certes déjà conséquents mais dont la cote ne devrait logiquement pas faiblir au regard de leur rareté et de leur qualité.

Chronomètre avec chronographe à rattrapante et seconde foudroyante Girard-Perregaux 9010 en or. Notez la signature SF sur le cadran pour Scuderia Ferrari (ou seconde foudroyante ?).
Et puis, pour célébrer la sortie de la très exclusive Enzo, Girard-Perregaux a puisé dans son expertise en haute horlogerie pour offrir le non moins exclusif chronographe “Tribute to Enzo Tourbillon“ en platine (référence 99190-53-611-BA6A mais c’est moins poétique) produit à 349 exemplaires. Autour de 60K€ en 2020, il est affiché 2 à 5 fois plus aujourd’hui…Vous revendiquez toujours votre assurance-vie ?


Chronomètre avec fonction chronographe “Tribute to Enzo Tourbillon“ en platine. La bonne affaire de 2020.
Un cadran très chargé et coloré mais à l’arrière, le fond transparent laisse voir la pureté du calibre aux trois ponts en or cher à la marque.
Mais là encore, il y a eu beaucoup d’autres versions et il est possible de trouver son bonheur sans vendre son rein, dans une fourchette de 1500 € à 9 000 € pour des montres bien faites et bien dessinées à l’instar d’un Chronographe 8020, par exemple, à moins de 2 000 €.
Mariage à l’Italienne
En 2005, changement de crèmerie, on passe chez Panerai qui a le vent en poupe à l’époque (beaucoup moins aujourd’hui…). Cette nouvelle union peut paraître étrange compte tenu du positionnement militaire de la marque Italienne. Avec ses modèles Radiomir et Luminor, Panerai est en effet connue et reconnue pour avoir fourni des montres étanches à mouvement Rolex aux nageurs de combat Italien de la Xe Flottiglia MAS, une unité de la marine royale italienne durant la deuxième guerre mondiale. Mais, d’une part le groupe Richemont, propriétaire de la marque depuis 1997, souhaitait sans doute sortir d’un positionnement de niche, et d’autre part, quoique développées et vendus par Panerai, les montres ne portaient pas le nom emblématique de la marque sur le cadran, seul le nom Ferrari était utilisé à la place. À l’arrivée, il reste une gamme cohérente de 20 modèles assez classiques dans leur traitement reprenant la forme coussin des Panerai Radiomir et se différenciant par des cadrans et des fonctions plus ou moins spécifiques (GMT, 8 jours, chrono flyback, rattrapante, etc.).
Le gros problème, c’est que, malgré les pipeaux dorés du marketing des deux marques, les montres issues de ce mariage à l’Italienne ne sont que des nini. Ni Ferrari, dont les codes technologiques, de performances et de design ne sont qu’évoqués superficiellement et ni Panerai dont la sophistication un rien surfaite des modèles vient télescoper son positionnement militaire de base. De fait, le partenariat n’a pas eu les retombées attendues ce qui se répercute sur la cote en collection.
C’est parfois là qu’il y a de belles opérations à faire sur le long terme…rappelez-vous l’histoire des premières Rolex Daytonna ou Milgauss !

Panerai Ferrari Granturismo 8 jours GMT FER 00007 (F6664) équipée du calibre P2002/2.
Aujourd’hui une décote de 50% mais qui sait dans l’avenir ?
Au total, Panerai a créé 27 modèles "Ferrari Engineered by Officine Panerai" finalement assez sages. Ils sont référencés de FER00001 à FER00038, oui le compte n’y est pas, mais la numérotation est très Italienne et certaines références n’ont pas été utilisées sans que l’on sache pourquoi. Les boitiers sont tous en 45 mm sauf FER00018 et FER00019 qui sont en 40mm.
Tous les modèles ont été produit en séries limitées de 50 à 800 pièces.


Panerai FER00013 si vous aimez le rouge et FR00011 si, comme Enzo Ferrari, vous préférez le jaune !
Aujourd’hui, on trouve des modèles dans une fourchette de 3 000 € à 20 000 €, mais, si vous pouvez mettre un peu plus, cherchez la référence FER00024. C’est un chronomètre avec fonction chronographe en or équipé du magnifique calibre OP XXVIII visible au dos, lui-même basé sur le célèbre calibre chronographe Minerva 13-20 des années 1940. Limité à 50 exemplaires, foncez, vous me remercierez plus tard !

Panerai FER 00024 (F6664) équipée du calibre Minerva 13-20. La “bonne“, à faire maintenant ?
One off de ouf
En 2010, Ferrari signe un accord avec Cabestan, un fabricant de niche de montres haut de gamme, pour la production d'un seul modèle. Conçu par Jean-François Ruchonnet, un designer horloger anti conformiste et agité, avec la collaboration de Flavio Manzoni, directeur de la conception de Ferrari, il est équipé d'un mécanisme Tourbillon et disponible uniquement pour ceux qui étaient déjà clients de Ferrari. Cette “Scuderia Ferrari One“ casse les codes de lecture habituelle sur cadran pour explorer une voie qui a plus à voir avec un dérailleur de vélo qui se serait marié avec une machine à sous. À propos de sous, elle était vendue 300 000 € et a été produite à 60 unités. Elle a surtout ouvert la voie pour des montres plus exclusives, haut de gamme (comprenez chères) et exprimant une complexité technique si ce n’est technologique plus en phase avec l’évolution des voitures de Maranello.


Scuderia Ferrari One. Il n’y a pas que le calibre qui donne dans le tourbillon… le prix aussi !
Coup d’accélérateur
En 2012, cette fois Ferrari remet le volant droit et accélère en s’alliant à la manufacture suisse Hublot.
Avec cette jeune maison, fondée en 1980, mais depuis 2004 dans le giron LVMH, l’idée était bien de monter en gamme et de privilégier la marge au volume. Ce rôle sera surtout dévolu au modèle emblématique “Big Bang“ que la marque va décliner en une pléiade de versions toutes produites en série limitée. Aujourd’hui, ces modèles se trouvent très facilement dans une fourchette de prix de 10 000 € à 40 000 €. Mais si les séries sont effectivement limitées (de 20 à 500 exemplaires), on a l’impression que rien n’a limité le nombre de séries. Résultat, sur le marché de l’occasion les prix sont largement inférieurs aux prix de vente à leur sortie, CQFD.

Hublot Ferrari Big Bang Unico. Des séries limitées en illimité…
Pour les 70 ans de Ferrari en 2017, Hublot sort la “Techframe Ferrari Tourbillon Chronograph“ dans une gamme de prix dix fois supérieure à la Big Bang (autour de 135K€).
Officiellement, la montre a été imaginée et dessinée chez Ferrari toujours sous la houlette de Flavio Manzoni, puis réalisée par la manufacture à Nyon en Suisse. Équipée d’un nouveau calibre HUB6311 à remontage manuel, affichant cinq jours de réserve de marche et un tourbillon, elle est déclinée en trois versions : King Gold, titane, ou carbone PEEK (Polyether Ether Ketone), un matériau hypoallergénique multicouches, extrêmement léger et résistant, réalisé à base de fibres de carbone particulièrement longues.

Hublot Ferrari Techframe chronograph tourbillon version titane, “Overdesigned“ disent les designers…
Ce chronographe monopoussoir – un seul poussoir pour les fonctions start-stop-reset –, s’actionne via un levier en aluminium anodisé (si vous voulez frimer, en Suisse on dit éloxé) en rouge Ferrari bien sûr ! Esthétiquement toujours, les ponts (qui accueillent les différentes pièces du calibre) sont, d’après la communication officielle, “semblables à un châssis de voiture“, et traités dans une finition ruthénium anthracite.

Hublot Ferrari Techframe chronograph tourbillon version carbone et son monopoussoir spécifique. Rouge bien sûr !
Pourtant, malgré ou à cause de tous ces efforts ostentatoires pour faire lien avec les voitures Ferrari, la cote de ces montres en éditions très limitées, ne tient, là aussi, pas la route et les heureux acheteurs ont à ce jour perdu 50% de leur capital. On peut le dire et le redire, en termes de design, à long terme, le premier degré ne paye pas !
Bien sûr, pour upgrader encore un peu plus son image, ce partenariat prolixe a pu compter sur la gamme “Hublot Master Piece“ dont a été extrapolé le modèle beaucoup plus exclusif “ MP-05 La Ferrari “ sorti en 2013.


Hublot LaFerrari Tourbillon MP-05, un air de déjà vu, esthétiquement du moins…
La chose reprend peu ou prou l’idée de la “Scuderia Ferrari One“ sortie 3 ans plus tôt, mais en dotant le mécanisme omniprésent d’une réserve de marche record de 50 jours.

Le calibre de la MP-05, 637 composants et 50 jours de réserve de marche quand même…
À l’origine réservée aux acheteurs d’une “La Ferrari“, on en trouve autour de 200 000 €. En 2017, elle sera déclinée en céramique transparente pour le lancement de l’hypercar Aperta au prix d’ami de plus de 500 000 €…Difficile de savoir si elle les vaut toujours car aujourd’hui, contrairement aux supercars de Fiorano qui sont l’objet d’une spéculation continue, il n’en est rien pour ces superwatchs Ferrari.

Luca di Montezemolo avec sa Hublot LaFerrari Tourbillon MP-05, pas forcément le bon combo…ni un bon placement d’ailleurs !
Reste que tout ça ne fait pas du volume. C’est pourquoi Ferrari a développé sa marque Aspire…
Des montres à quartz vendues dans une multitude de finitions autour d’une centaine d’Euros. On est là dans le merchandising de masse dont on peut légitimement interroger la pertinence pour l’image du constructeur. Car, bien sûr, les tifosis ne sont pas idiots et dans cette pléthore de montres Ferrari disponibles, ils savent bien qu’un écart de prix de 1 à 10 000 traduit forcément une différence de traitement dans l’objet convoité. Il n’empêche, les deux extrêmes possèdent le même emblème au cheval cabré ! … Vous avez dit hiatus ? Cette réflexion a certainement été menée en interne, car la nouvelle stratégie laissée par l’ancien PDG Louis Camilleri, avant son départ précipité en 2020, est très claire : “la marque prévoit de réduire d’environ 50% les contrats de licence du constructeur automobile et d’environ 30 % ses catégories de produits. Nous voulons élever les standards de tous nos produits et nous concentrer sur le made in Italy“. Et de préciser : “La valeur des produits de marque Ferrari est estimée actuellement à près de 800 millions d’Euros. Cette diversification devrait déterminer 10 % de la rentabilité du groupe dans sept à dix ans".
In fine
Ces nouvelles directives se font sentir avec le dernier partenariat en date signé en 2021 entre Ferrari et Richard Mille et plus précisément à travers l’exemple de ce fameux modèle RM UP-01 Ferrari sorti en 2023. Développé par les ingénieurs d'Audemars Piguet Le Locle, son épaisseur de 1,75 millimètre constitue une telle prouesse technique, technologique et industrielle qu’elle hisse cet objet de 30 grammes au niveau de fascination que procure les hypercars italiennes. Le plus fort, c’est que la magie qui se dégage du “mais comment font-ils ? “ rend le prix astronomique quelque peu secondaire.

Richard Mille RM UP-01, une épaisseur de record (1,75 mm) induisant un design en 2 dimensions et un prix qui met le 1/100 de millimètre à 10 000 € !
C’est peut-être ça la clef d’un partenariat voiture et montre équilibré ; que la production horlogère qui en découle puisse rivaliser symboliquement grâce à un design fort sublimant la technologie engagée à ce niveau d’excellence automobile.

Le calibre de la RM UP-01, 1,18 mm d’épaisseur réalisé majoritairement en titane grade 5, un matériau offrant une grande légèreté et une solidité suffisante. La vraie beauté est intérieure…
Steve Desk le 19/01/2024